ATTAC-54

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Auteur/autrice : Daniel

Né le 09/02/1964 à Ingwiller (67) Profession : Technicien forestier. Marié, 2 enfants.

Projet de Loi Climat : copie à revoir (Édito – avril 2021)

Un des enseignements de la Marche pour le Climat du 28 mars, qui a réuni environ 130 000 manifestants au niveau national, est que les alertes lancées par le monde scientifique, climatologues en tête, quant aux terribles conséquences des changements climatiques en cours, ne sont pas encore suffisamment audibles.

La tentation est dès lors forte pour les responsables politiques de reporter à plus tard les indispensables mesures à prendre, dont certaines impopulaires, pour limiter l’impact de ces changements climatiques.

L’histoire nous apprend pourtant que ne pas agir avec fermeté à l’approche du danger, alors qu’il est encore temps de le faire, en tendant le dos dans l’espoir que l’orage passera au loin, n’est pas la solution. C’est ce qu’avaient faits les gouvernements français et anglais en abandonnant la Tchécoslovaquie à son sort lors des accords de Munich de 1938, et on sait les conséquences de leur … inconséquence. Hors, le danger qui nous guette aujourd’hui est potentiellement plus dévastateur encore que la menace brune d’alors, il s’agit ni plus ni moins de la survie de l’humanité sur une planète qui pourrait nous devenir hostile.

Force est de constater que le costume proposé par la Convention Citoyenne pour le Climat, en vue de nous protéger tant bien que mal des évolutions climatiques en cours, a été retaillé en string par le gouvernement dans le projet de Loi Climat et Résilience actuellement examiné au Parlement.

Le 9 mai prochain, en amplifiant la mobilisation du 28 mars qui constituait déjà un premier palier, nous pouvons amener les parlementaires à amender significativement le projet de loi. Ils se hisseraient ainsi à la hauteur des enjeux et nous éviteraient le spectre d’un Munich climatique.

Mais une telle loi, ossature d’une politique de combat contre les dérèglements climatiques, ne sera pleinement efficace que si elle obtient l’adhésion du plus grand nombre, ce qui ne saurait se faire sans allier justice sociale et justice climatique. Isoler les passoires thermiques pour apporter aux plus modestes économie et confort, revoir notre modèle agricole pour réduire son empreinte climatique et environnementale et permettre ainsi à chacun d’accéder à une nourriture de qualité, mettre en place une politique industrielle visant, grâce à la formation professionnelle, à reconvertir la plupart des entreprises des secteurs les plus polluants sont des exemples de mesures et orientations qui iraient dans ce sens.

L’avenir du CHRU de Nancy

En cette période de crise sanitaire grave, il n’est pas déplacé de s’interroger sur l’avenir du pilier du système de soins qu’est le CHRU de Nancy. Le ministre de la Santé est intervenu à la mi-mars pour annoncer que l’État allait participer à la restructuration du site en finançant 70 % du projet (420 M€) et en reprenant à son compte un tiers de la dette (128 M€). Il a annoncé ensuite qu’il maintenait 300 emplois sur les 600 qui devaient être supprimés. La CFDT a exprimé sa «satisfaction et vigilance». Le Maire de Nancy, qui en juillet dernier estimait «non soutenable (…) ce plan de suppressions de postes et de lits», s’est déclaré «satisfait et reconnaissant» des annonces du ministre. Pourtant, ce sont bien 300 postes  et plusieurs dizaines de lits qui sont supprimés ! La CGT, elle, s’insurge contre une «gigantesque arnaque» et dénonce «un effet d’annonce».

L’argent que propose le ministre est d’abord consacré à l’immobilier alors que le besoin en personnel est criant. Et, à n’en pas douter, les petits établissements feront les frais de ce regroupement des activités à Vandœuvre. Notre association entend rester vigilante sur la question. S’il y a nécessité de rénover le CHRU, en particulier lorsqu’on sait que certains bâtiments se fissurent, la priorité doit cependant être donnée à l’emploi et aux conditions de travail du personnel, dans l’intérêt même des patients.

Nous devons montrer que l’avenir du CHRU de Nancy dépend de l’engagement des citoyens, des associations et des syndicats. C’est à eux d’être les garants de la défense du bien commun de la santé !

Création du Collectif pour le désarmement nucléaire 54

Les associations qui s’étaient rencontrées à l’occasion de l’entrée en vigueur du Traité pour l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) se sont retrouvées en mars pour acter la création du Collectif pour le Désarmement Nucléaire 54.

A ce jour, celui-ci comprend le Mouvement pour une Action Non-violente (MAN), le Mouvement des Objecteurs de Conscience (MOC), Greenpeace, le Mouvement International de la Réconciliation (MIR), le Centre Lorrain  d’Information pour le Développement (CLID), le Mouvement de la Paix, la Libre Pensée, ATTAC, l’Entente pour le Défense de l’Environnement Nancéien (EDEN), le NPA et la France Insoumise. D’autres associations ou partis politiques pourraient les rejoindre.

Pour l’instant, le Collectif s’est donné pour objectif de contacter les municipalités et les parlementaires, mais aussi d’organiser dans les semaines qui viennent une action publique. D’ores et déjà, la Ville de Vandœuvre a signé l’Appel des maires en faveur du TIAN.

Marche du 28 mars pour une vraie Loi Climat

La Convention Citoyenne pour le Climat, forte de ses 150 membres tirés au sort, a travaillé pendant des mois pour élaborer 149 propositions qui devaient inspirer la future loi sur le climat. Ambitieuses pour certains, pas assez pour d’autres (1), ces propositions visaient à aider le pays à s’engager sur la voie de la sobriété énergétique.

Emmanuel Macron s’était engagé devant les médias à reprendre « sans filtre » 146 des 149 propositions. A la sortie, le compte n’y est pourtant pas, et de loin. Probablement avions-nous mal compris ou interprété ses propos, il fallait certainement entendre … «100 filtres» ! Car sous la pression des lobbies, la plupart des propositions ont été soit écartées, soit élaguées, soit dénaturées.

Le dimanche 28 mars, à la veille de l’examen par le Parlement de la Loi Climat, de nombreuses manifestations se sont déroulées un peu partout en France, avec pour objectif de faire pression sur les parlementaires pour qu’ils amendent le projet et en élèvent les ambitions pour la rendre plus compatible avec les 149 propositions de la Convention Citoyenne.

Un collectif d’associations nancéiennes dont Attac-54, regroupées derrière le groupe local Greenpeace, locomotive de la manifestation, s’est mobilisé pour la réussite de cette marche.

La manifestation, qui a regroupé environ un millier de personnes, a commencé à 14h, place Maginot, par quelques discours. Puis le cortège a emprunté la rue du Grand-Rabbin-Haguenauer, pour descendre vers la rue Saint-Dizier et revenir place Charles-III via la rue des Carmes. La marche s’est terminée par un «die-in» en forme de 150, pour symboliser le soutien aux 150 contributeurs de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Un bon millier de personnes dans la rue, c’est un bon début, surtout pour un dimanche après-midi ensoleillé où l’on peut être plus tenté de sortir de la ville pour se mettre au vert plutôt que de venir défiler. Mais l’enjeu du changement climatique nécessite d’amplifier encore la mobilisation pour pointer du doigt les insuffisances de cette Loi Climat telle qu’elle nous est actuellement proposée.

Une nouvelle marche est prévue le 9 mai, avant le passage du projet de loi au Sénat.

(1) Voir l’article d’Hélène Tordjman ci-dessous.

Quel avenir pour la démocratie ? (Édito – mars 2021)

En France, la crise sanitaire n’a pas arrangé le sort de la démocratie, car même si nous avons pu tolérer une certaine restriction de nos libertés pour ralentir la propagation du virus, les mesures d’urgence ont sérieusement limité notre capacité à contester une politique gouvernementale qui s’est montrée de plus en plus autoritaire.

En effet, avec sa loi sur la « sécurité globale » et celle dite « contre le séparatisme », Emmanuel Macron a clairement montré sa volonté d’imposer un néolibéralisme qu’il voudrait cacher derrière des consultations comme celle de la « Convention Citoyenne pour le Climat ».

La lutte pour préserver et amplifier la démocratie dans notre pays exige donc toute notre vigilance, alors qu’inventer un contrôle démocratique de la finance et des multinationales et développer la démocratie dans l’entreprise restent toujours d’actualité…

Cependant, aujourd’hui, avec le discrédit que rencontrent les partis politiques, la démocratie locale peut nous tenter par sa proximité et son caractère concret. Bien sûr, les taux d’abstention aux dernières élections municipales ne sont pas là pour nous rassurer, mais des citoyen.ne.s et des associations se montrent motivé.e.s pour agir au niveau de leur ville, voire de leur quartier, dans une optique solidaire et écologique. Pourtant, là aussi la naïveté ne doit pas être de mise, parce que les villes perdent de plus en plus de prérogatives au profit des intercommunalités et des métropoles, mais aussi parce que le pouvoir des élus est loin d’être contrôlé. En fait , même s’il n’est pas question de retirer aux élus leur légitimité, nos sociétés exigent aujourd’hui que les citoyen.ne.s et les associations occupent une place plus grande dans la gouvernance de la cité. Il en va de l’avenir de la politique et de la démocratie.

Pas de profits sur la pandémie

Attac-54 vous invite à signer cette Initiative Citoyenne Européenne (ICE) : « Face au COVID-19, tout le monde mérite protection. Pas de profits sur la pandémie. »

https://eci.ec.europa.eu/015/public/#/screen/home

  • Pour suspendre les brevets sur les vaccins et traitements contre la COVID-19.
  • Pour imposer aux bénéficiaires de fonds de l’UE le partage de connaissances, de propriété intellectuelle et/ou de données sur les technologies de la santé liées à la COVID-19.

Pour aboutir, une ICE doit recueillir un million de déclarations de soutien et atteindre des seuils minimaux dans au moins 7 pays (55 695 en France).

Vaccin ou appât du gain ?

L’Institut Pasteur, fondation à but non lucratif créée en 1888, a été à l’origine de la découverte de nombreux vaccins et a contribué au niveau mondial à sauver des millions de vies. Après maintes péripéties, il se trouve depuis 2004 sous la tutelle du groupe Sanofi. Ce groupe produit à ce jour un quart des vaccins de la planète. Sa « vocation » n’est plus l’intérêt général, mais la conquête de parts de marché et l’appât du gain.

Étant donné que la santé n’est pas une marchandise, et afin de renouer avec les fondamentaux historiques de l’Institut Pasteur et de répondre aux urgences sanitaires et sociales des citoyens de notre temps, je propose à Attac d’entamer une réflexion et d’ouvrir un débat public sur l’opportunité et les conditions de l’absorption du groupe Sanofi Pasteur par l’agence Santé publique France, établissement public à caractère administratif, en étendant ses compétences à la recherche scientifique et médicale, à la production et à la diffusion à prix coûtant des vaccins dans un cadre d’exclusivité.

Daniel CANO (membre d’Attac-54)

Création d’un collectif de jeunes migrants

Ces dernières semaines, l’opinion publique a été alertée sur le sort réservé aux jeunes migrants en formation. En effet, on a découvert, suite à la grève de la faim entamée par un boulanger du Doubs, que les préfectures de notre pays empêchaient les jeunes migrants devenus majeurs de poursuivre leur apprentissage en leur refusant un titre de séjour. Le phénomène s’est avéré massif, puisqu’en Meurthe-et-Moselle on a relevé jusqu’à une centaine de cas…

Dans ce cadre, RESF-54 a essayé de populariser  l’action en faveur des jeunes et les a encouragés à créer un collectif. Aujourd’hui, le collectif existe et il a engagé des actions qui devraient, en s’appuyant sur le soutien de l’opinion publique, obliger le préfet à se montrer constructif. Ces jeunes veulent avant tout étudier et travailler en France, et notre économie a besoin d’eux…

A noter que Le Cercle du Silence de RESF se réunit chaque dernier samedi du mois à 15h, place Stanislas à Nancy.