ATTAC-54

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Sobriété pour tous ? (Édito – septembre 2022)

En cette rentrée, Macron a décidé de mettre en avant les grandes lignes de la politique qu’il entend mener. Se référant à la canicule et à la sécheresse qui l’a accompagnée, insistant sur les conséquences de la guerre en Ukraine dans le domaine énergétique, il a décrété solennellement la fin de « la période d’abondance » dans laquelle nous aurions vécu jusqu’à maintenant. Désormais, avec le dérèglement climatique, la montée de l’inflation et les restrictions énergétiques qui nous attendent,  nous devrions tous changer de mode de vie et aller vers « une sobriété collective ». Tous, vraiment ? Ceux qui voyagent en jets privés comme ceux qui n’arrivent plus à mettre de l’essence dans leurs voitures pour aller travailler ? Ceux qui claquent des centaines de milliers d’euros en une soirée comme ceux qui font la queue aux restos du cœur ? Quel cynisme !

Le réchauffement climatique produit déjà bel et bien ses effets, la guerre en Ukraine n’est pas près de s’achever et tout laisse à craindre que l’inflation poursuivra sa hausse. On ne peut donc se contenter d’accuser le néolibéralisme et ses soutiens, Macron en tête. Bien sûr, il faut exiger des mesures radicales contre le dérèglement climatique, mais celles-ci doivent nécessairement s’accompagner d’une politique qui s’attaque aux inégalités sociales. Car s’agissant du réchauffement climatique comme de l’inflation, ce sont d’abord, et systématiquement, les plus défavorisés qui en pâtissent.

Enfin, parce que nous sommes ATTAC, nous dénonçons le rôle néfaste des multinationales ici comme  ailleurs, en particulier celles qui exploitent les énergies fossiles. Et nous exigeons la mise en place d’une fiscalité plus juste qui, notamment, taxe les superprofits.

Il va très chaud en France … pour les migrants

Les vagues de migrants déferlant sur Nancy n’ont jamais été très spectaculaires. La dernière en date, celle des citoyens fuyant la guerre en Ukraine, a été aisément amortie par les autorités locales, qui se sont montrées sous leurs meilleurs atours de modèles de solidarité et d’humanité. Pourtant, il n’en a jamais été de même pour tous les damnés de leurs terres d’origine arrivés à Nancy. La preuve en est encore aujourd’hui. La preuve par l’illustration, l’action, la décision…

La Préfecture, avec zèle, suit la voix de son maître-président : pas de régularisation pour tous ces Africains, même pour les plus « méritants », même pour celles et ceux qui sont en France depuis moult années, même pour celles et ceux pour lesquels la France a investi dans l’éducation, la formation, la montée en compétences… Pourtant, certains sont là depuis plusieurs années, nos entreprises manquent de main d’œuvre et nous faisons régulièrement appel à la force de travail étrangère dans plusieurs domaines professionnels. Et la France, pays des Droits de l’Homme ? « Bah… Prétendons qu’ils ont de faux papiers, les esprits français s’en accommoderont ».
 
Tout cet été, un collectif de jeunes sans papiers en Meurthe-et-Moselle a agi. Il a manifesté –  et de belle façon ! – à deux reprises en plein mois d’août. Il a osé se rebeller suite à la décision (mal) assumée du Conseil Départemental 54 de ne plus protéger plusieurs dizaines d’entre eux au prétexte que – attention, tenez-vous bien ! – la Préfecture n’envisage pas d’accorder de titre de séjour à ces jeunes. Oh la perfidie ! Dissonance ou accointance politique ? Nous ne comprenons pas comment la présidente du Conseil Départemental peut assumer une telle posture, à l’heure où, le 9 septembre dernier, elle accompagnait ses camarades et édiles locaux pour remettre le prix du livre des Droits Humains 2022 à Stefan Le Courant pour son ouvrage Vivre sous la menace, les sans-papiers et l’État (Seuil). Cet été, ces jeunes ont puisé à la source du désespoir le pouvoir de dire NON à l’assignation, NON à la résignation, OUI aux régularisations !


A leurs côtés, des militants, des associations, des citoyens soutiennent ces jeunes et ces familles venus d’ailleurs en quête d’une vie décente. Parmi eux, Catherine TOSSER-ROUSSEY, toute fraiche présidente de la Ligue des Droits de l’Homme 54 s’est vue convoquée le 5 septembre à la PAF (Police de l’Air et des Frontières), prétendument soupçonnée  « d’aide au séjour irrégulier » et « d’obtention et détention de faux papiers ». Face à la solidarité citoyenne, au militantisme, à l’humanisme, l’Etat oppose manigance, manipulation, intimidation. À l’heure où l’Assemblée nationale envisage de durcir les conditions de régularisation et d’assouplir les conditions d’expulsion de certains migrants, à l’heure où même dans notre département – pourtant remarqué pour sa résistance aux idées fascisantes – les élus locaux semblent avoir perdu leur boussole, tout laisse à penser que les luttes à venir risquent de se mener à couteaux tirés, dans un climat politique étouffant.

Les énergies fossiles et leur financement

« Nous nous enfonçons chaque année un peu plus dans notre addiction aux combustibles fossiles. » (propos tenus en septembre 2022 par Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU)

L’accord de Paris sur le climat de 2015, signé par 195 pays, pas moins, avait suscité de réels espoirs. Il semblait que les gouvernements prenaient enfin la mesure de l’ampleur du changement climatique et qu’ils allaient s’atteler à relever ce défi crucial pour l’avenir de la planète. Mais une fois de plus, ces espoirs ont été vite douchés, car il s’avéra rapidement que cet accord allait en grande partie rester lettre morte, comme ses prédécesseurs depuis plus de deux décennies, aucune contrainte n’accompagnant les engagements pris.

Le principal objectif de l’accord était de limiter le réchauffement à 1,5°C d’ici à la fin du siècle. Un objectif qui ne peut être atteint qu’en réduisant drastiquement le recours aux énergies fossiles, et cela sans plus attendre. Dans le dernier rapport du GIEC, qui confirme les pires prévisions antérieures, les scientifiques indiquent 2025 comme année-charnière. Si d’ici-là nous ne changeons pas radicalement de cap, nous n’échapperons pas, selon eux, à des conséquences dévastatrices. On se dit alors que nos gouvernants, alarmés par ce dernier rapport et devenus conscients des enjeux, vont enfin prendre de vraies mesures, fortes, radicales, de nature à changer la donne. Quelle naïveté ! La montagne accoucha d’une souris, à savoir la loi « Climat et résilience » votée pendant l’été 2021, un catalogue de mesurettes loin d’être à la hauteur des enjeux du changement climatique en cours.

Il faut admettre que, de leur côté, les compagnies pétrolières et autres multinationales qui prospèrent sur l’exploitation des énergies fossiles – rappelons que cent d’entre elles sont responsables de 70 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 1988 – ont fait de réels efforts depuis quelques années… pour « verdir » leur communication comme jamais auparavant. À les entendre et à les lire, on pourrait croire que l’écologie est devenue leur principal souci, qu’elles se démènent à tout-va pour sauver la planète. Mais si, au-delà de la communication, on gratte un peu le vernis et qu’on scrute de près leurs agissements, il apparaît que la réalité est toute autre, puisqu’elles mettent discrètement en place, parallèlement à ces beaux discours, des stratégies pour accroître leur production et maintenir notre dépendance au carbone. Le cynisme dans toute sa splendeur !

Les banques ne sont pas en reste : elles ont accordé 4 600 milliards de dollars aux énergies fossiles depuis l’accord de Paris. Dans l’hexagone, 70% des investissements qu’elles ont financés dans le secteur des énergies au cours des deux années qui ont suivi l’accord de Paris l’ont été pour les énergies fossiles ! Pendant cette période, les financements que ces banques ont consacrés aux énergies renouvelables ont même diminué d’un montant équivalent à l’augmentation de ceux qu’elles ont consacrés aux énergies fossiles. Cela démontre le peu de cas qu’elles font des engagements du gouvernement et de la nécessité de préserver une planète vivable pour les générations futures.

Bien évidemment, les banques ne sont pas toutes égales en matière d’hypocrisie écologique. Citons le trio français gagnant, qui a fait de notre pays le premier financeur européen des énergies fossiles : BNP-Paribas en tête, suivi de près par le Crédit Agricole et la Société Générale.

Il existe à ce jour un délit d’écocide en France. Le crime d’écocide n’est pas encore inscrit dans la législation. S’il l’était, nul doute que les agissements de ces trois banques-là en relèveraient !

La voie de la démocratie (Édito – juin 2022)

Les élections qui viennent d’avoir lieu expriment de manière nouvelle la nécessité de rénover la démocratie dans notre pays. Ainsi, elles participent à la remise en cause du caractère présidentiel de notre constitution, qui depuis quelques temps donnait d’office une majorité absolue au président élu. Les résultats se rapprochent de ceux d’une élection à la proportionnelle, qui permettrait enfin au parlement de jouer son rôle et pourrait déboucher sur une démocratisation de notre système politique.

En même temps apparaît cependant un phénomène qui va à l’encontre de celle-ci, à savoir la baisse récurrente du taux de participation. Peut-on se satisfaire d’une démocratie dans laquelle un électeur sur deux ne se déplace pas ? Tout ceci est encore plus préoccupant si on considère également la montée des idées de l’extrême droite, l’ennemie mortelle de la démocratie… Ne doit-on pas voir dans ces deux phénomènes la preuve d’une forme de démission d’une partie de nos concitoyens, qui ne croient plus en la capacité des politiques – et, plus grave encore, de la politique – à améliorer leur quotidien ? Confrontés à la complexité de la situation actuelle (chômage et précarité, menaces climatiques et sanitaires, guerre en Ukraine, flux migratoires, etc.), ils deviennent plus perméables aux sirènes populistes du RN.

Il faut donc créer les conditions de débats démocratiques à tous les échelons (du quartier jusqu’au parlement, en passant par la commune) et contrecarrer la mainmise des puissances d’argent sur les médias. ATTAC, en tant qu’association d’éducation populaire, pourra prendre sa place dans ce mouvement salutaire, mais c’est l’ensemble des forces progressistes et écologiques qui doit en devenir le moteur… Espérons, à ce titre, que la dynamique née pendant ces élections se poursuivra et sera soutenue par un puissant mouvement social.

La croisée des chemins

La réalité du changement climatique, dont le principal marqueur est un réchauffement global lié aux activités humaines, ne fait plus guère débat aujourd’hui au sein du monde scientifique. Le climatoscepticisme a perdu toute crédibilité devant l’évidence des faits. Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), qui a été créé en 1988 et regroupe des scientifiques et des représentants des États participants, a publié récemment son dernier rapport, scindé en 3 volets parus séparément à quelques mois d’intervalle. Et pour la première fois les experts du GIEC sont formels : la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique est « sans  équivoque ». Mais avant de voir un peu plus en détail le contenu de ces 3 volets, voici un très court rappel des précédentes parutions.

Le  premier rapport remonte à 1990 : il établit le constat d’un réchauffement global du climat, lié probablement à l’émission de gaz à effet de serre par les activités humaines.

Le deuxième rapport de 1995, qui a servi d’outil de travail pour l’établissement du protocole de Kyoto, confirme la probable origine anthropique du changement. Il est publié dans la forme qu’il gardera par la suite : un premier volet qui contient les éléments scientifiques factuels, un second volet qui traite des impacts et de l’adaptation aux changements, et un troisième volet s’adressant plus particulièrement aux décideurs, qui liste les moyens d’atténuer les changements.

Ce n’est qu’à partir du troisième rapport, publié en 2001, que les médias s’emparent réellement de la question climatique, alors que le rapport souligne la rapidité sans précédent des changements en cours.

Le quatrième rapport de 2007 lève les derniers doutes des précédents rapports : le réchauffement climatique est cette fois établi avec certitude, avec notamment pour conséquences inévitables une multiplication et une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes.

Le cinquième rapport de 2014 insiste sur la nécessité de réduire le recours aux combustibles fossiles. Il a inspiré les principaux engagements pris par les pays signataires lors de la COP 21, qui s’est déroulée à Paris en 2015. Engagements qui, soit dit en passant, sont restés en grande partie lettre morte dans la pratique.

Ceci nous amène au 6e et dernier rapport en date, dont le 1er volet a été publié en août 2021. Il indique qu’avec la trajectoire actuelle, le seuil crucial des +1,5°C sera atteint vers 2030, alors que les précédents rapports le situaient plutôt vers 2040. Les changements sont donc plus rapides que prévus, ce qui implique de plafonner les émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2025 au plus tard, pour pouvoir respecter ce seuil de +1,5°C. Les conséquences seront alors graves, mais resteront encore contrôlables et l’humanité pourra mettre en oeuvre des mesures d’adaptation. Les 3 années à venir seront donc décisives. Le deuxième volet, publié en février 2022, détaille les conséquences liées au dépassement de ce seuil, en terme par exemple d’évènements météorologiques extrêmes, d’acidification des océans et de montée des niveaux marins, ou encore de perte de biodiversité. Ces conséquences seront extrêmement graves, et pour certaines, irréversibles au moins pour les quelques siècles à venir. Il s’agirait d’un véritable saut dans l’inconnu, avec le risque probable d’un emballement incontrôlable aux conséquences catastrophiques . La moitié de l’humanité – et parmi celle-ci les populations les plus défavorisées sont les premières concernées – vit actuellement dans des régions considérées comme très vulnérables face aux changements en cours.

Projection des températures extrêmes en France en 2050

Le troisième volet, publié en avril dernier, propose des solutions pour limiter les conséquences du réchauffement. Elles concernent tous les domaines qui organisent notre mode de vie, de production et de consommation  : l’énergie, l’agriculture, l’industrie, les transports, les loisirs… . Il s’agit en tout premier lieu de limiter drastiquement le recours aux énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, mais aussi de réformer en profondeur nos modes de vie et d’alimentation. Par ailleurs, le rapport insiste aussi, et c’est nouveau, sur l’importance de la question sociale pour permettre une transition juste qui puisse être acceptée par tous. Pour atteindre ces objectifs, l’action collective, à travers une indispensable coopération internationale, sera nécessaire et devra concerner tous les niveaux : état, entreprise et individu.

Bref, ce troisième volet du rapport suggère la nécessité d’un changement en profondeur du système, entrant ainsi en résonance avec les combats que mène ATTAC.

Nous sommes à la croisée des chemins : si nous ne nous montrons pas capables d’enclencher sans plus attendre la dynamique préconisée par le GIEC, nous compromettons l’espoir d’un avenir vivable pour l’humanité.

Revoir l’accueil des migrants

En cette fin d’année scolaire, plusieurs dizaines de jeunes, venus surtout d’Afrique subsaharienne, vont se retrouver à la rue à cause de la volonté de la préfecture de Meurthe-et-Moselle de refuser de leur accorder un titre de séjour. Ces jeunes, dont la grande majorité étaient pris en charge par le Conseil Départemental, vont connaître ce sort pour différentes raisons au cours de l’été. Certains vont perdre leur hébergement car ils atteignent l’âge limite (21 ans) que prévoit l’application de leur « contrat jeune majeur ». D’autres vont perdre ce type de prise en charge car ils ont fait l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui n’a pas été annulée par le Tribunal Administratif. Enfin, pour les derniers, c’est la non-reconnaissance de leur minorité qui les condamne à la rue.

D’une manière générale, il faut bien sûr dénoncer la préfecture qui agit délibérément pour contrecarrer l’installation de ces jeunes en Meurthe-et-Moselle. Tout est fait en effet pour contester « leurs papiers » : les consulats produiraient de faux papiers, et même l’avis des juges pour enfants est remis en cause … Or ces jeunes, qui ont vécu bien des drames pour arriver chez nous, font tout ce qu’il faut pour pouvoir rester en France. Ils sont souvent titulaires de diplômes professionnels ou sollicitent des patrons qui sont prêts à les prendre en apprentissage, mais ils ne peuvent rien entreprendre sans un titre de séjour. Le Conseil Départemental doit donc continuer à les accompagner tant que durent les recours en justice et affronter publiquement la préfecture pour dénoncer sa mauvaise foi. Dans cette action, il pourra compter, à n’en pas douter, sur le soutien des associations et des jeunes eux-mêmes.

Un moment historique ? (Édito – mai 2022)

Dans les médias, le terme « historique » est souvent utilisé pour qualifier tel ou tel événement. Il s’agit la plupart du temps d’attirer l’attention de ceux à qui ces actualités s’adressent, en réaction à une certaine banalisation de l’information.

Est-ce que les élections législatives des 12 et 19 juin mériteront cette appellation ? En tout cas, c’est la première fois que les forces sociales et écologiques présentent des candidats uniques dès le premier tour !

Dès la veille du deuxième tour de l’élection présidentielle, ATTAC appelait à battre Macron dans la rue après avoir battu Le Pen dans les urnes… En effet, et la nomination d’Elisabeth Borne au poste de première ministre semble le confirmer, Macron va poursuivre sa politique technocratique et autoritaire au service des plus riches.

Un petit espoir existe toutefois aujourd’hui de voir mettre en œuvre une nouvelle politique favorable aux plus modestes et propice à la défense du climat. Pour autant, quels que soient le résultat des élections législatives et le gouvernement qui en résultera, il faudra de toute façon de fortes mobilisations, de puissants mouvements sociaux, que ce soit pour empêcher la poursuite des politiques passées ou pour permettre le succès d’une expérience nouvelle de changement politique. Pour sa part, ATTAC aura toujours à cœur, quoiqu’il arrive, de poursuivre à la fois son action résolue contre les inégalités sociales – par une meilleure répartition des revenus, une fiscalité plus juste, le développement des services publics – et son engagement prioritaire contre le dérèglement climatique.

PCAET : pour une véritable co-construction

L’État a demandé à la Métropole, comme à toute intercommunalité de plus de 20 000 habitants, de mettre en œuvre un Plan Climatique Air Énergie Territorial (PCAET) pour faire face à l’urgence climatique. Les grandes orientations de ce Plan pour le Grand Nancy ont été adoptées par les élus du Conseil Métropolitain le 12 mai… Pour faciliter l’application des mesures qui devraient permettre d’atteindre les objectifs prévus par la loi (1), la Métropole a décidé de recourir à une COP Territoriale. Cependant ATTAC-54 et trois autres associations ont estimé que le lancement de cette COP et sa mise en œuvre n’étaient pas à la hauteur des enjeux proclamés. Ils ont par conséquent adressé une lettre ouverte (2) au président de la Métropole et à la vice-présidente.

(1) Les trois principaux objectifs de la loi :

• Réduction des émissions de gaz à effet de serre : réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre afin d’atteindre l’objectif 2030 du Pacte Vert de l’Union Européenne, visant à réduire de 55 % ses émissions à l’horizon 2030, et même d’atteindre une baisse de 84 % à l’horizon 2050, par rapport à 1990.
• Réduction de la consommation énergétique : réduire la consommation d’énergie de 20 % à l’horizon 2030 par rapport à 2012. La dynamique sera prolongée pour la réduire de 50 % à l’horizon 2050.
• Augmentation de la production énergétique : porter la part des énergies renouvelables à 70 % de la consommation finale à l’horizon 2050, dont au moins 35 % d’énergies « locales ».

(2) La lettre ouverte en pdf :

1er mai 2022 : les sans-papiers à l’honneur

Comme l’an passé, les organisations syndicales s’étaient accordées sur l’idée de marquer leur soutien aux sans papiers à l’occasion de la manifestation du 1er mai.

Les jeunes et moins jeunes sans papiers ont répondu présents à cette invitation, avec force banderoles et enthousiasme. Haie d’honneur, applaudissements nourris, slogans solidaires, marche en tête de cortège… le cocktail était à la hauteur des enjeux syndicaux.

Éviter le pire… (Édito – avril 2022)

Pour la troisième fois en vingt ans, le système électoral prévu par notre constitution impose aux forces sociales et écologistes de voter en quelque sorte par défaut. Il les oblige à choisir d’éviter le pire, à savoir l’extrême droite, sans leur permettre de faire pleinement valoir leur choix. Et les législatives qui vont suivre, même s’il faut agir pour tenter d’en faire un troisième tour victorieux, risquent fort de donner une majorité absolue au Président élu. Si l’on ajoute à tout cela les difficultés rencontrées par deux des trois candidats arrivés en tête pour recueillir les 500 signatures, force est de constater que la constitution doit changer, ou du moins que cette élection présidentielle, qui continue à avoir la préférence des Français, doit être modifiée… Cependant, on ne peut se contenter de ce constat car il faut aussi considérer plus largement la situation de nos instances électives. En effet, grâce au rôle joué par le taux d’abstention et la notoriété locale, des partis qui ne comptent désormais plus beaucoup à l’élection présidentielle continuent de diriger un grand nombre de collectivités territoriales. Comment, dans ces conditions, notre démocratie  représentative peut-elle fonctionner, si ce n’est en encourageant l’autoritarisme du chef de l’État ? Un autoritarisme auquel Emmanuel Macron ne s’est pas privé d’avoir recours.

Finalement, il faudra que la classe politique accepte que notre système présidentiel soit remis en cause, que des élections à la proportionnelle donnent toute leur place aux députés et qu’une plus grande décentralisation soit mise en place. Tout ceci, bien sûr, ne pourra pas éviter aux partis politiques de s’interroger sur la désaffection dont ils font l’objet.