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Catégorie : Éditoriaux

Quel avenir pour la démocratie ? (Édito – mars 2021)

En France, la crise sanitaire n’a pas arrangé le sort de la démocratie, car même si nous avons pu tolérer une certaine restriction de nos libertés pour ralentir la propagation du virus, les mesures d’urgence ont sérieusement limité notre capacité à contester une politique gouvernementale qui s’est montrée de plus en plus autoritaire.

En effet, avec sa loi sur la « sécurité globale » et celle dite « contre le séparatisme », Emmanuel Macron a clairement montré sa volonté d’imposer un néolibéralisme qu’il voudrait cacher derrière des consultations comme celle de la « Convention Citoyenne pour le Climat ».

La lutte pour préserver et amplifier la démocratie dans notre pays exige donc toute notre vigilance, alors qu’inventer un contrôle démocratique de la finance et des multinationales et développer la démocratie dans l’entreprise restent toujours d’actualité…

Cependant, aujourd’hui, avec le discrédit que rencontrent les partis politiques, la démocratie locale peut nous tenter par sa proximité et son caractère concret. Bien sûr, les taux d’abstention aux dernières élections municipales ne sont pas là pour nous rassurer, mais des citoyen.ne.s et des associations se montrent motivé.e.s pour agir au niveau de leur ville, voire de leur quartier, dans une optique solidaire et écologique. Pourtant, là aussi la naïveté ne doit pas être de mise, parce que les villes perdent de plus en plus de prérogatives au profit des intercommunalités et des métropoles, mais aussi parce que le pouvoir des élus est loin d’être contrôlé. En fait , même s’il n’est pas question de retirer aux élus leur légitimité, nos sociétés exigent aujourd’hui que les citoyen.ne.s et les associations occupent une place plus grande dans la gouvernance de la cité. Il en va de l’avenir de la politique et de la démocratie.

Quel monde pour demain ? (Édito – février 2021)

La crise que nous sommes en train de vivre, en s’installant dans la durée, a fini par dépasser largement la seule question sanitaire. Elle nous met à la croisée  des chemins et nous pose l’interrogation du monde dans lequel nous souhaitons nous engager. Celui que nous proposent les profiteurs de la crise, et en premier lieu les géants du Net, dont Amazon est l’un des plus emblématiques avec un patron qui a vu sa fortune personnelle s’envoler avec l’explosion du e-commerce, mais aussi les laboratoires pharmaceutiques, dont les dividendes vont grimper à la faveur de la crise sanitaire. Ou bien un monde plus solidaire, plus écologique et moins consumériste, timidement entrevu lors du confinement du printemps dernier.

Force est de constater que cette crise a accéléré la numérisation de notre société : le télétravail s’est durablement installé dans le paysage, l’Université semble avoir trouvé dans les cours à distance la solution à ses problèmes de locaux, on nous invite avec insistance à privilégier la télé-médecine, Netflix et ses équivalents de vidéos en ligne ont rencontré un fort engouement, le e-commerce a connu une progression sans précédent, les réseaux sociaux n’ont jamais été autant plébiscités, le paiement sans contact est devenu la règle.

Contrairement à certaines idées reçues, l’impact écologique de cette numérisation est pourtant loin d’être anodin : les serveurs et data-centers effroyablement énergivores, le coût écologique de la fabrication et du recyclage des multiples outils numériques qui ont envahi notre quotidien, l’émission de gaz à effet de serre et la surconsommation liée au e-commerce en sont quelques exemples. La circulation et l’utilisation des données personnelles est également un enjeu de taille.

Saurons-nous maintenir cette intrusion du numérique dans nos vies à un niveau raisonnable, compatible avec une société libre de ses choix et avec la sobriété énergétique qui sera nécessaire pour limiter les effets du réchauffement climatique ?