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Passe sanitaire et libertés (Édito – septembre 2021)

Le passe sanitaire a été instauré dans l’été, après une parodie de débat parlementaire. Limité dans un premier temps aux lieux culturels, sportifs et de loisirs accueillant plus de 50 personnes, il a ensuite été étendu aux hôpitaux, bars, restaurants et grands centres commerciaux, puis à tous les salariés en contact avec du public.

Se soumettre régulièrement à des tests PCR n’étant pas réaliste sur la durée (d’autant qu’ils pourraient devenir payants), la mise en place du passe constitue dans les faits une obligation de vaccination qui ne dit pas son nom. Ne pas avoir le précieux sésame équivaut à renoncer à toute vie sociale et même, pour certains, professionnelle.

De plus, c’est un moyen pour le gouvernement de se défausser de ses prérogatives et de ses responsabilités sur des particuliers : cafetiers, restaurateurs, gérants de salles de cinéma, de théatre ou des sports, bibliothécaires, directeurs de maisons de retraite, employeurs, etc. Ce qui implique à la fois des contraintes et des coups importants pour ceux-ci, mais aussi une certaine inefficacité : d’une part faute de moyens pour certains de mettre en œuvre ces nouvelles obligations, d’autre part faute d’être autorisés – et c’est heureux – à contrôler les papiers d’identité.

Instauré initialement jusqu’au 30 septembre, il a été prolongé jusqu’au 15 novembre et nos dirigeants ont d’ores et déjà laissé entendre qu’il pourrait être reconduit au-delà. Ainsi s’habitue-t-on progressivement à l’idée d’être contrôlé dès que l’on sort de chez soi pour s’adonner à des activités aussi banales que la pratique d’un sport, un dîner au restaurant ou une sortie au cinéma.

Le fait que niveau de vie et taux de vaccination soient fortement corrélés rend cette mesure antisociale. Mais plus grave encore sont les possibles implications pour les travailleurs non vaccinés, avec des menaces de lourdes sanctions et un réel risque de perte d’emploi -particulièrement pour les CDD – ou de discrimination à l’embauche.

Par ailleurs, que ce soit à l’école, au travail ou dans la vie sociale au quotidien, dès lors que la vaccination n’est pas obligatoire, les restrictions imposées aux non-vaccinés instaurent de fait une discrimination qui pose des problèmes juridiques d’égalité devant la loi.

Une vaccination la plus large possible est probablement le meilleur rempart contre la pandémie. Mais faut-il pour autant, pour y  parvenir, instaurer un outil supplémentaire de fichage électronique dans une société par ailleurs déjà trop largement numérisée, tout en mettant à contribution, pour ce faire, des centaines de milliers de particuliers ?

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