Coup de chaud (Édito – septembre 2026)
L’été 2026 aura marqué les esprits en mettant sur le devant de la scène le réchauffement climatique et ses terribles conséquences : sécheresses intenses, canicules à répétition, incendies ravageurs, orages d’une violence extrême, coulées de boues, glissements de terrain, etc. Il a trouvé un dramatique point d’orgue dans la catastrophe qui a endeuillé le Népal et, en quelques minutes, a coûté la vie à plusieurs milliers de personnes.
Invoquer la seule fatalité n’est plus de mise : cela fait plus de cinquante ans que les scientifiques nous alertent sur les conséquences de notre mode de vie occidental – bien trop gourmand en énergies fossiles – sur le climat de la planète. Rapport après rapport, le GIEC enjoint les responsables politiques de prendre le problème à bras-le-corps, sous peine de voir l’humanité condamnée à subir des conséquences cataclysmiques dans les décennies à venir.
En France, force est de constater qu’en matière de lutte contre le réchauffement climatique, les gouvernements successifs de ces dernières années se sont surtout caractérisés par leur apathie. La condamnation symbolique de l’État français pour inaction climatique dans le procès de l’Affaire du siècle, que plusieurs associations (Greenpeace France, Fondation pour la Nature et l’Homme, Oxfam France, Notre Affaire à Tous) lui ont intenté en est une illustration.
Emmanuel Macron voulait renvoyer une image « écolo » : « Ce deuxième mandat sera écologique ou ne sera pas », avait-il promis lors de sa campagne présidentielle de 2022. Il n’en a pas moins détricoté l’essentiel des ambitieuses propositions de la Convention citoyenne pour le Climat, malgré sa promesse initiale de les transmettre « sans filtre » au Parlement. Et que dire de son exclamation « Qui aurait pu prévoir ça ? » lancée lors de ses vœux à la Nation en décembre 2022, à propos des sécheresses et canicules historiques de l’été ? Il a clairement raté la marche de la lutte pour le climat.
Il est plus que temps de réagir. N’est-ce pas finalement là que se situe l’un des enjeux majeurs de la prochaine élection présidentielle ? Les propositions des candidats en matière d’écologie, de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique devraient figurer parmi les premiers critères des citoyen.ne.s pour orienter leur choix. L’été que nous venons de vivre et la prise de conscience qui en a résulté devraient y contribuer.