La COP30 de Belém (Édito – janvier 2026)
En novembre dernier, les délégations de 194 pays se sont réunies durant deux semaines à Belém, au nord du Brésil, pour la COP30 (30e Conférence des Parties à la Convention de l’ONU sur le climat). Belém est la capitale de l’État du Para, deuxième État du Brésil par la taille, en plein cœur de l’Amazonie. L’Amazonie, exemple criant de ce qu’on appelle le fossé de l’ambition : d’un côté le président Lula parle de la protéger, notamment pour lutter contre la crise climatique (en effet la déforestation y réduit considérablement la biodiversité, affectant la régulation des émissions de CO2) ; d’un autre côté, son gouvernement y autorise de nouveaux forages pétroliers.
Or l’un des espoirs de cette COP était qu’il en sorte une feuille de route claire pour une transition juste vers les énergies renouvelables, pour l’abandon à terme des énergies fossiles qui nous mènent à une catastrophe annoncée et déjà bien entamée… Y est-on parvenu ? Pas vraiment, hélas…
L’accord qui est sorti de ces deux semaines de pourparlers entre les États participants ne contient pas les termes « combustibles fossiles », seul est mentionné le Consensus des Émirats arabes unis (engagement des Émirats en 2023, lors de la COP28 de Dubaï à « une transition hors des énergies fossiles »). Donc cet engagement pris il y a deux ans tient toujours, mais sans que le nouveau texte sorti de la COP30 ne fasse état de nouvelles avancées sur ce point.
Les projets fossiles se poursuivent, en particulier aux États-Unis (un des mots d’ordre de la campagne électorale de Donald Trump était : « Drill, baby, drill ! » Fore, chéri, fore !). Il est d’ailleurs à noter que pour la première fois depuis le lancement des COP en 1995, les États-Unis n’ont pas participé à celle de Belém, Donald Trump niant le changement climatique qu’il a qualifié de « plus grande arnaque jamais menée ».
Faut-il alors se désespérer, considérant que la COP30 n’a été qu’un coup d’épée dans l’eau ? Non, même si cette COP ne sera pas celle d’une accélération de la lutte contre le dérèglement climatique, on peut quand même pousser un (petit) ouf de soulagement : l’attitude des États-Unis de Donald Trump n’a pas poussé les États participant à la COP30 à remettre en question la réalité du changement climatique et l’impérieuse nécessité d’agir.
Les mots, c’est bien. Les actes, c’est mieux. Surtout quand il y a urgence absolue.