Offensive contre l’environnement à Bruxelles, Paris et Strasbourg (Édito – été 2025)
Alors qu’on s’attendait à une résistance de l’Europe face aux déréglementations voulues par Trump à propos du climat et de l’écologie, on assiste au contraire à une remise en cause de certaines règles qui vont dans le même sens que celles mises en œuvre par le président américain. Ainsi, de manière inattendue, la Commission européenne a sabordé quatre textes du Pacte vert qu’elle avait elle-même défendus au cours de son précédent mandat. Au prétexte de « renforcer la compétitivité des entreprises », il est prévu par exemple de revenir sur « le devoir de vigilance » qui devait contraindre les entreprises à lutter contre la violation des droits humains et les dégâts environnementaux. Ce qui est moins surprenant, c’est que le Parlement européen, dominé par la droite, a emboîté le pas à cette volonté de « simplifier les normes ». Quant aux députés socialistes français, ils n’ont même pas eu le courage de s’y opposer frontalement. C’est cette même logique que l’on retrouve en France à l’Assemblée nationale dans le projet gouvernemental de « simplification de la vie économique ». Toutes les mesures prévues par ce texte n’ont pas encore été complètement validées, mais on peut d’ores et déjà relever la satisfaction de la droite sur bon nombre de points : proposition de réouverture du chantier de l’ A69, dévoiement de « l’objectif de zéro artificialisation des sols » par des amendements qui le vident de sa substance, propositions d’amendements contre l’Office français de la biodiversité et l’Agence de la transition écologique.
Bien que les indicateurs concernant le dérèglement climatique soient tous au rouge, une majorité de députés, à Paris comme à Strasbourg, ont décidé de revenir sur les récentes avancées réglementaires en matière d’écologie. Il reste donc au mouvement social et aux ONG à préparer la riposte qui nous évitera le pire.